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Roger/Rafa : L'histoire d'une sublime rivalité

TennisAddict le mag n°21 - Mars 2017 | 07 Mars 2017 à 8h00

Par Baptiste Blanchet

Une rivalité particulière, Celtics – Lakers en basket, Real – Barça en foot, Prost – Senna pour la Formule 1 : le sport de haut niveau s'est constamment nourri de rivalités qui ont forgé sa légende. Le duel entre Rafael Nadal et Roger Federer en constitue sans doute l'exemple le plus abouti. Lors des 35 épisodes récédents – leur premier affrontement remonte à Miami 2004 – l'Espagnol et le Suisse ont souvent atteint des sommets tennistiques.

D'un côté «Rafa», le défenseur acharné, le taurillon de Manacor au tempérament de feu, capable de remettre les balles les plus improbables, le gaucher contre lequel il faut frapper 4 ou 5 coups gagnants de suite pour espérer marquer le point. De l'autre, Federer, le talent à l'état pur, la perfection offensive en version helvète. Avec des enchaînements service - coup droit jamais vus sur le circuit. L'opposition de styles parfaite, doublée d'un grand respect entre les deux hommes.

Un " couple" très fidèle

Plus que tout autre, le duel Nadal – Federer est récurrent au très haut niveau : les 2 hommes se sont affrontés 9 fois en finale d'un tournoi du Grand Chelem, 22 fois dans une finale (toutes épreuves confondues) et ce entre 2004 et 2017. Aucun autre «duo» n'a fait mieux dans l'ère Open (Djokovic-Nadal 7 fois en finale d'un Grand Chelem, Djokovic-Murray 7 également, Agassi-Sampras 5,Lendl-Wilander 5). Borg – McEnroe, McEnroe – Connors ou Edberg – Becker font également partie des classiques. Chez les femmes, c'est l'affrontement Chris Evert – Martina Navratilova qui se rapproche le plus de cette rivalité (43 -37 pour l'attaquante gauchère, 10-4 en finales de Grand Chelems), pour son opposition de styles.

Nadal loin devant 

Ce duel est d'autant plus singulier que Nadal est venu briser l'hégémonie de Federer, totalement injouable en 2004 (74 victoires pour 6 défaites, 11 titres), 2005 (81 succès pour 4 revers, 11 titres) et 2006 (92-5, 12 tournois remportés). Dès 2005, Rafa domine Roger en demi-finale de Roland-Garros, où il remporte le premier de ses 9 titres, pour s'installer comme son rival n°1. Et surtout, le battre très régulièrement sur terre battue (surface sur laquelle l'Espagnol mène 13-2). Sur surfaces dures, les deux hommes en sont à 10 succès partout. Mais au total, le Majorquin reste loin devant : 23-12, soit 66% de victoires. Avec son sens de la formule, Martina Navratilova résume parfaitement ce chiffre : «Federer est le meilleur joueur de tous les temps, mais Nadal est le meilleur des deux».

Les raisons du déséquilibre 

Au-delà des qualités de chaque joueur, elles sont nombreuses et s'expliquent probablement par le ralentissement généralisé des surfaces (souvenez-vous lors de son premier titre à Wimbledon 2003, Roger Federer faisait service-volée sur 1ere et 2e balles, comme la plupart des membres du circuit), ou par l'évolution du matériel qui permet de tirer un passing gagnant même en étant mal embarqué dans l'échange, cinq mètres derrière sa ligne de fond. L'autre aspect concerne les caractéristiques des deux champions : avec son lift de gaucher qui rebondit très haut, Nadal va chercher Federer sur son revers à une main, lui imposant d'interminables diagonales coup droit – revers, dans lesquelles le Suisse finit par commettre la faute. Plus largement, l'Espagnol est passé maître dans l'art de défendre, forçant le Suisse à surjouer», donc à commettre des fautes directes. Mais lors de l'Open d'Australie 2017, le scénario a été différent. «Roger nous a pris de vitesse et ça a été difficile de résister à son jeu. C'est vrai aussi que son revers a été incroyable en fin de tournoi, reconnaît Toni Nadal, l'un des coachs de Rafa avec Carlos Moya. Federer a vécu une semaine de très grande inspiration: il a raté beaucoup moins que la normale et il s'est tenu à sa décision de frapper la balle plus à plat. Ensuite, je ne sais pas si la surface était si rapide, comme beaucoup l'ont dit, en revanche je crois que jouer la nuit a favorisé Federer car la balle ne rebondit pas trop haut et il peut anticiper plus facilement. Le lift extrême n'était tout simplement pas possible. Mais de toute façon, globalement, son niveau a été extrêmement haut».

ROGER-RAFA: Le retour à Melbourne

Aussi intenses qu'un Classico Real Madrid – FC Barcelone, les duels Nadal – Federer étaient devenus plus rares ces derniers temps, en raison de l'avènement de Djokovic, et dans une moindre mesure de Murray ou Wawrinka, et bien entendu des blessures de l'Espagnol comme du Suisse. Ce qui explique le côté délicieusement «vintage» de leur affrontement en finale de l'Open d'Australie 2017. Leur dernier duel remontait en effet à la finale du tournoi de Bâle 2015 (victoire de Federer 6/3, 5/7, 6/3). En Grand Chelem, il fallait remonter à Melbourne 2014 (victoire de Nadal en demi-finale 7/6, 6/3, 6/3). En ce début d'année, on a cru revivre un scénario presque habituel : Federer flamboyant au 3e set, se met à commettre quelques fautes directes qui permettent à son adversaire de revenir dans la partie. Mais même mené 3-1 dans la 5e manche, «Roger» a continué à jouer de façon agressive. «Je me suis dit: joue librement. J'en avais discuté avec Ivan (Ljubicic) et Séverin (Luthi, ses entraîneurs) avant le match. Il fallait jouer la balle et pas l'adversaire. Les audacieux sont récompensés. Qu'au moins si je perde ce soit en jouant de nouveau un tennis offensif. J'ai continué à me battre et à y croire. C'est ça qui m'a fait jouer mon meilleur tennis à la fin du match, ce qui m'a un peu surpris», avoue le Suisse. A 35 ans, près de 5 ans après son dernier titre et malgré une absence de 6 mois sur le circuit, le Bâlois s'est donc offert un 18e titre en Grand Chelem (6-4, 3-6, 6-1, 3-6, 6-3). Malgré l'intensité du combat, Rafael Nadal ne semblait pas trop abattu : «Ça a été un grand match. Je me suis battu, j'ai eu ma chance avec ce break dans le cinquième set. Mais après ça, Roger a joué très agressif et a réussi beaucoup de grands coups. Il aurait fallu que je fasse un peu plus de points au service». «On est passés tout près, c'est vrai, et je repense notamment à cette balle de 4-2 au cinquième set. Mais ça nous est déjà arrivé, à l'inverse, de passer tout près de perdre et de gagner quand même. C'est une défaite douloureuse, pas une immense déception», complète Toni Nadal.

Federer creuse l'écart en nombre de grands chelems 

Avec ce succès, Federer compte donc 18 titres du Grand Chelem contre «seulement» 14 pour son rival, qui reste à égalité avec Pete Sampras. Un détail ? «C'est ce qu'il y a de moins important, estime Federer. L'essentiel, c'est le retour, ce grand match contre Rafa. Le fait que ça se passe en Australie, où tant de gens ont compté pour moi comme Peter Carter et Tony Roche (deux de ses anciens entraîneurs), que je puisse le faire à mon âge après cinq ans sans gagner un Grand Chelem, c'est ça qui compte. La dernière chose qui compte, c'est le nombre des trophées. Mais c'est très spécial de gagner contre Rafa car je ne l'avais pas battu depuis très longtemps dans une finale de Grand Chelem».

Beaucoup de respect 

En octobre 2016, Nadal inaugure son Académie de tennis à Majorque (40 000m2 avec 26 terrains de tennis, en dur et terre battue, extérieur et indoor, 2 piscines, 1 terrain de football, 7 terrains de paddle...) en présence d'un certain…Roger Federer. «Cher Roger, merci de ton soutien lors de l'ouverture officielle de mon Académie. Aujourd'hui est un jour mémorable pour moi, ma famille et mon équipe. Tu ne peux pas imaginer à quel point c'est spécial de t'avoir ici avec nous», déclare Rafa dans son discours. Malgré la rivalité, une proximité a toujours existé entre les deux hommes. Ce qui n'exclut pas quelques tensions dans le feu de l'action mais le respect perdure. «Nous sommes amis avant d'être rivaux. Dans d'autres sports, les adversaires peuvent se haïr les uns les autres, sur et en dehors du terrain.Quand le match commence, je laisse l'amitié au vestiaire. Il n'y a rien de Personnel, c'est juste que lorsque le match démarre, je suis une autre personne», explique Nadal dans son autobiographie.


Une absence de tension assez rare dans ce cas de figure. «Martina (ndlr : Navratilova) et moi avons été rivales pendant 18 ans. Sur une aussi longue durée, il y a forcément eu des moments difficiles, où nous nous apprécions moins, où il y avait de la distance entre nous, explique par exemple Chris Evert. Nos entourages tendaient vers ça, aussi. Nos entraîneurs respectifs étaient les premiers à nous marteler : «Tu ne peux pas être amie
avec ta plus grande adversaire». Pete Sampras et André Agassi ne s'appréciaient pas non plus énormément.

Le chef-d'oeuvre de Wimbledon

Parmi tous les duels entre les deux hommes, la finale de Wimbledon 2008 tient une place à part. Certains observateurs estimant qu'il s'agit du plus beau match de l'ère open. L'Espagnol remporte alors son premier titre sur le gazon londonien en battant le Suisse (6-4, 6-4, 6-7 (5), 6-7 (8), 9-7) à l'issue d'un match interrompu deux fois par la pluie. A la mi-août, il devient ainsi n°1 mondial après 237 semaines consécutives de règne pour Federer. Il s'agit aussi de la plus longue finale chronométrée de l'histoire du tournoi : 4H48. Dans les deux premiers sets, «Fed» ne convertit qu'une balle de break sur 12, puis il s'accroche et revient au score à l'issue de deux tie-breaks d'anthologie. Mais en toute fin de journée, alors que la luminosité baisse, le Suisse finit par s'incliner : «C'était impossible de jouer. C'est dur pour moi de perdre le plus grand tournoi du monde sur une question de lumière. Mais c'est comme ça... (...) Je ne voyais presque plus contre qui je jouais.


Ce n'est pas à moi de juger si c'est le meilleur match de l'histoire. Cela a été une dure bataille, âpre. On a joué serré jusqu'au bout. Mais il faut un vainqueur et un perdant. Il n'y a pas de match nul. C'est de loin ma plus dure défaite. Le match est fini, je suis déçu, je suis cassé. C'était sans doute un très beau match à voir. Mais là... Il faut laisser un peu de temps et essayer de recommencer à bien jouer dans le futur. C'est le désastre». «Jamais, je n'aurais imaginé cela. Je ne peux pas exprimer ce que je ressens. Roger reste le n°1 mondial et le meilleur, il a gagné cinq fois ici mais moi j'ai enfin une victoire et elle est très importante à mes yeux», répond Nadal. «Novak et moi avons évidemment eu de très gros matchs, mais l'affrontement avec Rafa restera toujours unique à cause de la finale de Wimbledon en 2008» reconnaîtra Federer,quelques années plus tard.

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Les autres finales hors Roland-Garros

Précédemment, en 2006 Federer avait dominé Nadal à Wimbledon 2006 (4 sets),l'Espagnol n'ayant pas encore notalement apprivoisé le gazon londonien. Mais dès 2007, la résistance du Majorquin battu en 5 sets (7/6, 4/6, 7/6, 2/6, 6/2), avait montré ses progrès sur cette surface. Et plus largement côté revers. De son côté, la finale de l'Open d'Australie 2009 a marqué les esprits car Roger Federer a fondu en larmes lors de la remise des prix, sans doute furieux de s'être écroulé au 5e set après avoir donné le sentiment de maîtriser les débats : «J'ai eu beaucoup d'occasions, j'ai manqué la plupart et ça m'a coûté la victoire, je lui ai un peu donné le match au cinquième. J'aurais dû faire en sorte qu'il n'y en ait pas.»

Roland-Garros, le jardin de Rafa

La rivalité entre les deux hommes s'est souvent déroulée Porte d'Auteuil avec une demi-finale (2005) puis quatre finales, toutes remportées par Nadal. Demi-finale 2005 : Nadal bat Federer (6-3, 4-6, 6-4, 6-3). Si Federer, alors n°1 mondial, part plutôt favori face à un Nadal qui dispute son 1er Roland-Garros, le Suisse finit par s'incliner. Malgré un sursaut dans le 2e set, le jeu de défense de Nadal comme sa régularité lui offrent la victoire. «Je ne crois pas que Rafa a sorti un très très grand match, souligne Federer. Moi, en revanche, je possédais les clés pour gagner cette partie, mais je n'étais pas à mon top. Lui a été beaucoup plus régulier, plus constant, il n'a pas eu de baisse de régime. Moi j'ai mal commencé et j'ai mal fini».

Finale 2006 : Nadal bat Federer (1-6, 6-1,6-4, 7-6)

Détenteur des trois derniers titres du Grand Chelem, Roger Federer manque la passe de quatre. Mais il tombe devant un Rafa qui signe sa 60e victoire consécutive sur terre battue. «C'était ma première finale ici, je progresse à chaque fois d'un cran et ça me donne envie d'y revenir. Mais c'est vrai qu'en fin de carrière, j'aurai peut-être le sentiment d'avoir laissé passer un moment important», indique le Bâlois. «J'ai traversé des moments très difficiles en début d'année avec ma blessure au pied, répond Nadal. C'est donc beaucoup plus émouvant cette fois-ci. Car à un moment, vers le mois de janvier, je doutais, je me demandais si j'allais retrouver mon niveau. Donc oui, je donne beaucoup plus de valeur à cette victoire».

Finale 2007 : Nadal bat Federer (6-3, 4-6, 6-3, 6-4)

Nadal devient le premier tennisman depuis Borg à gagner le tournoi trois fois d'affilée. Malgré sa victoire sur l'Espagnol à Hambourg, trois semaines plus tôt, Federer n'a pas trouvé la faille. Dominé mentalement, le Suisse a buté sur la muraille de lift dressée par le Majorquin. «Il était très important de remporter le premier set, estime le vainqueur. Roger a eu beaucoup de balles de break, mais il n'a pas su saisir ces occasions. Je suis très fier de remporter un 3e titre. Mais je suis encore plus satisfait de mon niveau de jeu car c'est mon meilleur Roland-Garros. Je me sens plus complet. Je suis plus agressif dans l'échange, je monte plus au filet». 

Finale 2008 : Nadal bat Federer (6-1, 6-3, 6-0) 

Un non-match tant l'Espagnol semble sur une autre planète. En 1h48, Nadal étrille un Federer impuissant qui ne marque que 4 jeux. Le Suisse reste numéro 1, mais c'est désormais son règne à Wimbledon qui paraît menacé. Surpris du résultat, «Rafa» livre l'explication suivante : «J'ai réalisé un très bon match, presque parfait, alors que Roger a fait beaucoup plus de fautes que d'habitude». «Ce qui est normal, quand vous affrontez Federer, c'est de perdre. Ou alors de gagner en souffrant. Aujourd'hui, ce n'était ni l'un ni l'autre. Franchement, je pensais que Rafa gagnerait mais pas en trois sets, poursuit Toni Nadal. Je me sens mal pour Roger. Je l'aime bien. Je n'ai jamais vu quelqu'un jouer aussi bien au tennis que lui et, si un jour mon neveu ne gagne pas ici, je voudrais que ce soit lui qui gagne».

Finale 2011 : Nadal bat Federer (7/5, 7/6, 5/7, 6/1)

Federer reste sur un match stratosphérique en demi face à Djokovic, jusque-là invaincu en 2011. Le Suisse prend un départ canon mène 5/2, mais après s'être fait soigner, Nadal aligne 7 jeux consécutifs. Malgré un sursaut au 3e set, Federer ne peut rien face à la constance de son rival. Mais cette défaite a un goût moins amer que les autres, car deux ans plus tôt, Federer a profité de la seule défaite de Nadal à Roland-Garros (en 8e de finale devant Robin Söderling) pour inscrire son nom au palmarès. «Certaines fois j'étais dépassé, d'autres j'y étais presque mais je n'ai jamais été assez bon pour battre Rafa à Roland-Garros. Mais je suis heureux de n'avoir jamais abandonné sous prétexte qu'il m'avait battu ici et je n'ai jamais arrêté d'y croire, c'est pour ça que j'ai gagné Roland Garros en 2009 et c'est l'une de mes plus belles victoires, analyse Federer. Après avoir perdu 4 fois d'affilée contre lui entre 2005 et 2008, je ne me suis jamais dit que je n'allais jamais gagner mais c'est clair que c'était un peu frustrant, en étant si proche de la victoire. Et on te dit qu'une finale, ce n'est pas vraiment top. C'est vrai qu'en 2008 j'ai perdu très sèchement mais l'année d'après je suis revenu et j'ai gagné Roland, je suis très fier de ça».

Et maintenant ?

Avec l'âge (30 ans pour Nadal, 35 pour Federer), et donc les pépins physiques, pas sûr que les deux champions s'affrontent encore des milliers de fois. D'autant que forcément, Federer risque de prendre sa retraite d'ici un an voire deux. Toutefois avec l'usure du pouvoir ressentie par un Djokovic désormais père de famille, on peut encore espérer quelques chocs cette saison.

Les autres grandes rivalité du tennis masculin

MCENROE – BORG

Entre «Ice Borg» au calme légendaire et «Big Mac» capable de tout casser en injuriant tout le monde, le contraste semble évident. Sur le plan tennistique aussi, l'Américain, génial gaucher se ruant à la volée et le Suédois, marathonien du fond de court, passeur d'exception, l'opposition fonctionnait à merveille.

Cette rivalité achevée à 7 victoires chacun en matchs officiels, n'aura pas duré longtemps (1978-1981), Borg prenant sa retraite à seulement 26 ans. Le Suédois remporte notamment la finale de Wimbledon 1980, à l'issue d'un duel d'anthologie (1/6, 7/5, 6/3, 6/7, 8/6) mais McEnroe prend sa revanche à l'US Open 1980 et 1981 ainsi qu'à Wimbledon 1981. «Au début je l'ai envié, il ressemblait à Dieu. Ensuite il m'a impressionné lors du cinquième set de la finale de Wimbledon 1980. Puis en sortant avec lui, j'ai appris à le connaître et nous sommes devenus amis, résume McEnroe. Je suis convaincu qu'il a fait de moi un meilleur joueur et nous étions plus proches de ce qu'il a semblé. J'étais admirateur de son altruisme, de son coeur. Maintenant, nous  sommes toujours de grands amis». Car avec Vitas Gerulaitis, les deux champions formaient un sacré trio. Ils avaient l'habitude de s'entraîner et de voyager ensemble. Mais aussi de beaucoup sortir : «C'était clairement plus cool en ces temps-là, déjà parce qu'il n'y avait pas autant d'argent en jeu. Vous imagineriez aujourd'hui Federer et Nadal sortir et faire la fête ensemble le soir ?», se marre l'Américain. «Björn a un très bon sens de l'humour. Il ne se prend pas au sérieux. J'aime beaucoup sa vision du monde, on rigole bien ensemble», indique John. «La plus grande qualité de John est son grand coeur. Il veut toujours aider et tu peux toujours compter sur lui. J'ai appelé John à plusieurs reprises lorsque j'ai eu des dilemmes à gérer, et il me donnait toujours de bons conseils. De plus, c'est un père fantastique », répond Bjorn. En 1982, McEnroe passe même deux jours dans la chambre d'hôtel de Borg à Tokyo pour le convaincre de continuer sa carrière. En vain. Borg totalise 11 titres en Grand Chelem contre 7 pour McEnroe.

AGASSI - SAMPRAS

Les deux Américains se sont affrontés 34 fois entre 1989 et 2002. Un duel qui a logiquement fait des étincelles entre un serveur d'exception (Pete Sampras) et un relanceur incroyable (André Agassi). Excellent volleyeur, Pete se rue au filet quand il le peut, tandis qu'André fait apprécier son jeu de jambes et sa science du passing-shot. Sur l'ensemble des confrontations, Sampras mène 20-14 et surtout 4-1 en finales de Grands Chelems (3 à l'US Open, une à Wimbledon), la seule victoire du bad boy de Las Vegas remontant à la finale de l'Open d'Australie 1995. Leur duel le plus marquant reste le 34e et dernier en  finale de l'US Open 2002 : ce jour-là, «Pistol Pete» s'offre son 14e titre du Grand Chelem (6/3, 6/4, 5/7, 6/4), mettant fin à sa carrière. Un couronnement d'autant plus inattendu que l'Américain restait sur une défaite au 1er tour à Roland-Garros, puis un revers au 2e tour à Wimbledon, et qu'il n'avait plus remporté de titre majeur depuis Wimbledon 2000. Mais si Sampras compte 14 majeurs contre 8 à Agassi, ce dernier est le seul à avoir triomphé partout. Car l'époux de Steffi Graf a également gagné l'Or Olympique (pas Sampras), les Masters et la Coupe Davis. S'ils se respectent, les deux hommes ne s'adorent pas, Agassi ayant notamment reproché à Sampras sa radinerie dans son autobiographie.

BECKER – EDBERG

Très semblables dans leur tennis (Becker était sans doute plus puissant et plus performant côté coup droit, mais Edberg volleyait mieux que quiconque), l'Allemand et le Suédois se sont affrontés 35 fois entre 1984 et 1996. Un duel largement dominé par «Boum Boum» qui mène 25 succès à 10. Mais lors des finales de Grand Chelem, toutes disputées successivement sur le gazon londonien de Wimbledon, l'avantage reste à Edberg (1988 et 1990, contre 1989 pour Becker). Dans cette configuration, le point revenait à celui qui se ruait le plus tôt au filet, la qualité en retour étant primordiale. Au total, Stefan Edberg a remporté 6 titres majeurs (2 US Open, 2 Open d'Australie, 2 Wimbledon, plus une finale à Roland-Garros), idem pour Becker (3 Wimbledon, 2 Open d'Australie, 1 US Open). «On se talonnait au classement, on a joué des finales de Coupe Davis l'un contre l'autre, on s'est rencontré dans tous les plus grands tournois mais ça s'est toujours passé dans le respect, ce qui est rare. J'ai toujours apprécié Stefan sur et en dehors des courts, c'était un vrai compétiteur mais un type très sympa, souligne Becker. J'espère qu'il pense la même chose de moi ! (rires)». La rivalité s'est prolongée lorsqu'Edberg a coaché Federer pendant que Becker s'occupait de Djokovic. 

Par Baptiste Blanchet


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