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Les compétitions de tennis décalées séduisent les femmes

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LES COMPET’ DECALEES SEDUISENT LES FEMMES

Octobre 2011, Garden Tennis Club de Cannes. Huit équipes féminines s’affrontent en phase finale des «Raquettes FFT». En marge lors du weekend de l’épreuve : des échanges de balles avec Nathalie Tauziat, un hébergement en hôtel de luxe, sans oublier cocktail et dîner dans un lieu branché de la ville. Un championnat de France professionnel? Non, la finale d’une compétition féminine «non officielle» où des non classées, 40 ou 30/5 disputent des matchs en un set avec des balles intermédiaires ! 
Tous les avantages d’une grande compétitions sans les inconvénients. «Il suffit de bloquer cinq weekends en tout sur l’année, finale comprise. En termes d’emploi du temps, c’est moins contraignant que de s’inscrire en tournois, ou même en Coupe d’été.», explique Sylvie Lescarret, capitaine du TC Belin-Béliet (Gironde) vainqueur de l’édition 2011. Sans les Raquettes FFT, Dominique, Catherine, Nelly et Sylvie, quatre jeunes quadragénaires sportives, n’auraient peut-être pas fait de compétition.
En 2011, la formule a séduit 8.200 joueuses en France. Plus qu’un événement de masse, les Raquettes FFT sont l’emblème d’une série d’alternatives à la compétition classique, lancées par la fédération française de tennis.

TOURNOIS MULTICHANCES*
Tout comme le tournoi multichances ou TMC. Outre son format ultra-court – sets de 4 jeux et no ad, tournoi disputé sur deux jours maximum – son système de poules permet de jouer plusieurs matchs, même en cas de défaite.Fini les 15 euros dépensés pour une élimination au premier tour sans consolante ! Avec des animations en prime, comme des ateliers diététiques, des séances de stretching ou de massage…Homologués, réservés au NC et 4e série, ils ne rapportent que la moitié des points habituels. Mais se jouent sans pression et peuvent servir de tremplin. « Certains clubs inscrivent le TMC dans un tournoi normal, les meilleures joueuses intègrent ensuite le tableau des 3e séries. » constate Martine Gérard,vice-présidente de la FFT en charge du tennis féminin, par ailleurs présidente de la ligue de Guyenne. « Et ça plaît ! Le tournoi du petit club de Bouliac, en Gironde, a ainsi vu passer ses inscriptions en 4ème série (de 40 à 30/1) d’une douzaine à 80 en un an ! ».

PAUSES SQUASH OU MAQUILLAGE
Son territoire est très en pointe. Début mars les «smashies» de Lacanau, destinés aux 13/16 ans, ont réuni une quarantaine de joueuses de la région. Au programme : des mini-matchs accompagnés d’ateliers squash, pelote basque ou maquillage. Les journées « amène une copine », pour favoriser le parrainage, y connaissent également un grand succès. Pour donner ou redonner goût à la compèt’, les ligues rivalisent aujourd’hui d’imagination. 
Des matchs en temps limité – une heure pour faire la différence – ont vu le jour en Poitou-Charente. En Alsace, le TC Strasbourg, mise, lui, sur toute une palette d’actions croisées. « Avec deux équipes aux Raquettes FFT, une équipe féminine sénior supplémentaire prévue pour héberger des jeunes, une école de tennis féminine etc.» détaille Stéphanie Senger, Professeure de Tennis au club.« Une rencontre devrait même avoir lieu avec les stars du tennis féminin, lors des  Internationaux de Strasbourg disputés dans le club ! » Grâce à ces nouvelles formules et journées spéciales truffées d’animations, la FFT espère enrayer une légère baisse de ses effectifs féminins (moins 10% depuis 2001 pour atteindre 334.000 licenciées aujourd’hui).

« FAIRE TOMBER LES BARRIÈRES PSYCHOLOGIQUES !»

La Fédé part du constat que les jeunes filles et les femmes sont souvent moins attirées par la
compétition que leurs homologues masculins. Et préfèrent parfois plus le beau geste, le jeu en équipe, et des espaces de convivialité et de dialogue. Elle a même lancé une communication à destination des profs de tennis pour les aider lors des séances d’entraînement à s’adapter à la psychologie des filles. Attention toutefois à ne pas faire de généralités, et ne pas parler d’une nature ou personnalité féminine moins tournée vers la performance, fragile et peu confiante en soi. «Il faut prendre en compte les différences.Mais savoir qu’une grande partie découle d’un apprentissage social. On retient souvent les filles dès leur plus jeune âge, on les rend statiques en les faisant jouer à la poupée, quand on laisse les garçons jouer au foot, faire du judo, par exemple. Des études montrent ainsi qu’à la naissance 10% seulement des connexions neuronales sont réalisées, le reste s’acquière » rappelle Catherine Louveau, sociologue du sport, professeure à l’université Paris Sud. « Il faut encourager les filles à la technique et au combat sur le court.» Le tennis ludique semble aller dans ce sens. En redonnant confiance à des joueuses qui ont tendance à se sous-estimer et à croire que leur niveau est insuffisant pour faire de la compétition.«Quand elles voient une non classée jouer aux Raquettes FFT, elles se disent ‘j’ai le niveau pour faire de la compétition’ , commente Stéphanie Senger. Les filles se mettent souvent elles-mêmes des barrières à la pratique. C’est un bon moyen de les faire tomber !»